LEAN STARTUP SAMARIA, la passerelle vers l’entreprenariat au Niger

Créer en 2014, la Lean Startup of Samaria (LSS) se veut être un cadre qui fédère les jeunes porteurs de projets au Niger et tous ceux qui sont intéressés par les questions d’entrepreneuriat et de leadership. L’initiateur est un jeune Nigérien au parcours unique et plein d’ambition pour son pays. Kader Kaneye n’est plus à présenter, Expert comptable dés l’âge de 25ans, étudiant dans l’une des universités les plus prestigieuses au monde : Harvard. Ce jeune inspiré par Nelson Mandela n’a jamais cru à l’impossible.    Convaincu que l’entrepreneuriat est une des solutions pour booster le développement dans notre pays, il s’est engagé dans sa promotion en mettant en place la LSS.Ouvert à tout le monde, la LSS réunie une (1) fois par semaine les jeunes porteurs de projets dans les locaux de KMC, un cabinet d’expertise comptable dont l’initiateur est le Directeur Général. Ces jeunes issus de tous les secteurs socioprofessionnels y apprennent les ficelles et toutes les étapes de base que doit connaitre l’entrepreneur avant de se lancer dans un projet. Nous avons voulu pour le premier numéro de notre rubrique startup faire un  ZOOM sur la LSS, c’est à cœur ouvert et avec une note d’humour que Kader Kaneye répond à nos questions;

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Séance de Lean Startup

Qui est Kader Kaneye?

Kader: Ça c’est une question à laquelle il est de plus en plus difficile de répondre pour moi. Je suis probablement un jeune nigérien qui rêve de faire de son pays une référence dans le monde. Je crois en la nature humaine, et je pense qu’on est capables de tout faire si on décide de rêver, de travailler très dur, et de rester fidèle à des principes et valeurs.

 La Lean Startup Samaria qu’est ce que c’est?

Kader: Une initiative destinée à partager le peu de ressources intellectuelles et matérielles que nous avons au Niger pour la jeunesse. En clair c’est une communauté d’entrepreneurs (et wantrepreneurs) qui se réunit chaque weekend pour se former, socialiser et partager des ressources pour mieux réussir dans les startups.

D’ou vous est venu l’idée de sa création ?

Kader: L’idée a été forcée. Le projet initial (sur laquelle je travaille toujours) est de créer une université de haut niveau au Niger, basée sur le modèle américain de libéral arts, qui permet aux étudiants d’apprendre par eux mêmes à réfléchir de manière créative, collaborer et résoudre des problèmes, au lieu du modèles actuel qui nous apprend à mémoriser et répéter. Je me suis vite rendu compte que je n’avais pas les moyens nécessaires pour l’université, et au lieu d’attendre de les avoir, j’ai commencé avec les moyens que j’avais. Et la LSS est très vite devenue un succès.

La LSS existe depuis combien de temps ?

Kader: Hmm quelque part en 2014. Septembre je crois.

Quels sont ses principaux objectifs ?

Kader: Changer le monde ? Haha, mais je plaisante à peine. Le monde c’est le Niger pour moi, et la LSS est vraiment conçue avec l’objectif clair de contribuer à changer les mentalités dans notre pays, créer une nouvelle génération de leaders éthiques et engagés à la création d’un nouveau Niger ou l’excellence sera la règle et la médiocrité devra s’exercer en cachette.

Qui sont les jeunes que vous encadrez ?

Kader: Ils viennent de tous bords, étudiants, journalistes, ingénieurs, salariés, médecins, agronomes etc. Tous ceux qui sont de près ou de loin intéressés par les questions de leadership et entrepreneurship sont les bienvenus en général.

Ils en sont ou par rapport à la mise en œuvre de leurs projets?

Kader: Divers niveaux d’exécution. Beaucoup sont aux phases initiales, et en général nous sommes positionnés à ce niveau. Lorsqu’ils sont opérationnels, ils se font accompagner par des accélérateurs comme le Cipmen.
Comment est financé la Lean Startup?

Kader: Zero financement. Le cabinet KMC nous prête ses locaux, connexion internet et électricité (qui est un privilège au Niger), et les fondateurs paient souvent de leurs fonds propres les pauses cafés. Des personnalités comme le Directeur du CGA, Nadjim Rhabidine subventionnent souvent les déjeuners. Mais l’idée générale est justement de démontrer ici que sans financement on peut faire de belles choses.

Kader : On a beaucoup d’amis : j’ai évoqué KMC plus haut, Cipmen, CGA, Nova, Novatech, Asusu, give1project, Business Challenges. NB: Plus et pleins d’autres que je vais oublier ici et ça va me créer des problèmes . Mais oui, tout se passe bien. Zéro ennemi pour l’instant, ce qui est une prouesse en soi au Niger.Avez-vous des partenaires ? Si oui qui sont-ils et comment se passe le partenariat ?

Quelles sont vos difficultés ?

Kader: Difficultés ? Nous n’en avons pas. Quelques challenges importants oui. D’abord structurer l’activité et l’offre de formations. Ensuite trouver des sources de financement durables. Car le bénévolat des fondateurs peut un jour s’arrêter. Et enfin des partenaires internationaux pour augmenter la crédibilité de l’organisation.

Quelles perspectives pour l’avenir ?

Kader: Résoudre les questions du point 8, et très vite évoluer en université qui peut produire 1000 leaders d’exception au moins par an. On travaille déjà là-dessus, et à partir d’octobre déjà, l’offre de formation va changer pour proposer un curriculum basé sur ce qui se fait dans les meilleures universités américaines. Et le nom LSS va changer pour refléter cette nouvelle étape de croissance.

Quel message pour la jeunesse Nigérienne ?

Kader: Je leur donne les mêmes conseils que ceux j’ai reçus de mon père, en l’observant vivre, et qui ont guidé ma vie jusqu’ici :

1.Rêver : rêver sans limite. Plus le rêve est grand, plus sa probabilité de réalisation est élevée. Tout ce que j’ai pu faire dans ma vie a commencé par un rêve de folie.

2.Hardworking : avec des rêves de grandeur viennent la nécessité et la responsabilité de travailler dure, très dure, très fort, très smart. Les raccourcis n’existent pas ici. Et parce qu’on est une personne qui vit de rêve, on a l’obligation de travailler sans limite pour faire du rêve une réalité. Les conventions de 8 heures de travail par jour ne s’appliquent pas. Il faut s’animer par une passion qui permet de faire 72 heures en une journée, un an en un mois, 5 ans en un an.

3.Cultiver son système de valeurs : je crois en Dieu, et mon système de valeurs est issu de cette croyance : la droiture, le partage, la vérité, la fraternité, la paix, la tolérance, l’excellence, le succès, la spiritualité… Quelles que soient nos convictions, les valeurs positives sont universelles. L’intégrité, l’éthique, sont des principes non négociables sur la voie du succès et du bonheur. Et comme on ne vit qu’une fois, assurons-nous que nous vivons la vraie vie, et non l’illusion au réveil brutal et au goût amer en fin de parcours.

J’appelle tous ceux qui rêvent de changer le monde autour d’eux à ne jamais douter, et à tout mettre en œuvre sans relâche pour réaliser leurs ambitions. Nous sommes la dernière génération en mesure de créer le changement. LSS est une goutte d’eau pour l’instant, rejoignez-nous et ensemble, transformons la en un océan indomptable pour Niger, vraiment grand et puissant cette fois-ci.

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