Balima Boureima, Entre presse audiovisuelle et journalisme en ligne

Balima Boureima, c’est un nom bien connu dans le milieu de la presse Nigérienne. Journaliste chevronné, plutôt moderne, Balima allie presse audiovisuelle et presse en ligne. Il fait parti d’ailleurs des rares journalistes au Niger qui font du journalisme en ligne et qui font du pigisme dans ce domaine. Convaincu que le web est le media de l’avenir, il crée un site internet qui a du mal à décoller par manque de journalistes. Il ne se décourage pas pour autant, la passion étant plus grande, Balima continue le combat en faisant ce qu’il aime le plus et en espérant inspirer les autres. Notre rubrique portrait entre dans le quotidien de Balima Boureima, et c’est volontiers qu’il s’y prête.

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Qui est Balima Boureima ?

Balima: Je suis journaliste au groupe de presse Bonférey au Niger depuis 2003. Journaliste pigiste de plusieurs agences de presse : REUTERS, ANADOLU, IRINnews (spécialisé dans l’information humanitaire et dont le bureau de l’Afrique de l’ouest a fermé ses portes en fin 2015). Collaborateurs avec deux webtélés du Burkina Faso.

Vous êtes journaliste en langue française et en Zarma au groupe de presse Bonferey, vous présentez d’ailleurs le journal télévisé en Zarma. Expliquez-nous cet intérêt que vous portez à nos langues nationales malgré que vous soyez diplômé de l’IFTIC et secrétaire de rédaction de Bonferey télévision ?

Balima:Je me définis comme un exemple parfait de l’intégration africaine. Mon père du Burkina Faso est arrivé au Niger dans les années 50 et depuis il y retourne seulement de temps en temps (pour vous dire qu’il a été bien accueilli par les Nigériens et est bien intégré au pays). Ma mère est zarma.

Quand les Burkinabés me rencontrent, ils s’étonnent de voir un Balima nigérien et beaucoup de Nigériens se demandent pourquoi je porte ce nom. Mieux encore, les Kanouri (ethnie du Sud-Est nigérien) estiment que je suis de leur. Bref, Balima Boureima est un Mossi perdu qui se retrouve au Niger (Rires).

Alors pour me sentir à l’aise, je me suis dit qu’il faut s’exprimer dans la langue d’un des parents : celle de ma mère (pour la langue de mon père, je connais seulement quelques mots de Morey) et par la grâce de Dieu, je me suis retrouvé.

Balima vous êtes un amoureux des nouvelles technologies, vous animez chaque mercredi soir dans le journal télévisé de Bonferey une rubrique dénommée ACTU SUR LE WEB, une innovation au Niger, parlez nous de vos motivations ?

Les premières motivations me sont venues de l’envie de comprendre le monde. Je me rappelle encore des longs moments que l’on passait dans les cybercafés justes pour envoyer un mail à un correspondant. Puis au gré de découvertes et au contact des professionnels notamment dans le journalisme, nous nous sommes donnés pour vocations de comprendre ce domaine.

Aujourd’hui les réseaux constituent mon premier rédacteur en chef. Chaque matin, ils définissent mon domaine de travail, planifient ma journée et m’orientent pour les jours suivants.

        Balima dans le Sahara Nigérien

Fort de ces expériences, la rédaction de Bonférey m’a fait confiance en me donnant cette rubrique que j’anime chaque mercredi dans le corps du journal. Une rubrique qui m’a mis sous les feux de la rampe car les gens qui me reconnaissaient par la voix (dans les reportages en français), me découvrent physiquement.

Vous ne faites pas que lire les journaux en ligne Balima, vous les animez aussi. Vous êtes correspondants de plusieurs médias en ligne, vous avez même crée un site internet, comment trouvez-vous du temps pour faire autant de choses à la fois ?

Le temps, il faut savoir le gérer, c’est une ressource rare en ce 21ème siècle. Si je vous dis que je n’ai pas de fada (lieu de rencontre entre personnes), vous n’allez pas me croire. Mon temps est entre ma famille et le boulot. Les distractions sont rares car il faut régulièrement consulter ses boîtes mail, les réseaux pour voir s’il n’y a pas une demande d’agences ou une nouvelle.

Parfois, quand je rentre au bureau, j’y passe toute la journée entre conférence de rédaction, corrections des papiers, rédactions d’un article et échanges avec les amis sur facebook, whatssapp et twitter.

Quelles sont les difficultés pour gérer un site d’informations en ligne dans le contexte Nigérien ?

Ces difficultés sont de plusieurs ordres. D’abord la connexion Internet qui n’est pas toujours au point. Mettre en ligne un article prend parfois assez de temps. Il faut faire plusieurs tentatives. Il y a ensuite le faible taux de pénétration de l’Internet au Niger. Très peu de personnes y ont accès. Ce qui, du coup, pose le problème d’accès à l’information. Les gens s’étonnent de voir un journaliste en ligne sur un lieu de reportage.

Mais le plus grand problème reste, le manque de journaliste en ligne ou de la presse écrite.

Vous venez de le dire les journalistes Nigériens sont très réticents au journalisme en ligne, selon vous qu’est-ce qui l’explique ?

La plupart des journalistes (surtout les femmes) aiment plus l’audiovisuel car ils estiment que c’est dans ces médias qu’ils sont plus vus. Ça c’est un premier aspect. Le second réside dans la patience de suivre d’une information car au niveau des sites internet, l’info change continuellement. Ça bouge comme on le dit. Il faut être aux aguets pour chaque changement. Pour l’instant, ils sont rares à tenter le coup.

Pensez-vous que l’avenir soit dans les médias en ligne ?

Je reste optimiste, quand nous arrivons à combiner la vidéo et le texte sur les sites d’info, je pense que les citoyens ne vont plus attendre les journaux télévisés pour s’informer.

Vous êtes aussi très actifs sur les réseaux sociaux, quel est votre avis sur la présence des jeunes Nigériens sur ces plateformes et selon vous est-ce qu’ils en font un bon usage ?

Je dirai que nous sommes peu sur Internet par rapport aux autres pays. Sur les réseaux sociaux, on constate des dérapages notamment sur les questions politiques. Chacun veut défendre son camp par des propos durs. Ce qui n’est pas bon pour un pays qui a besoin de ses citoyens pour se construire. Cependant il arrive des moments où la cohésion prime. C’est le cas notamment lors de la victoire du Taekwondoiste Alfaga lors des Jeux Olympiques de Rio. Et je crois que « ça va aller ».

 Si on vous donne la chance de retourner en arrière, choisiriez vous quand même le journalisme comme métier ?

Rires. Bien sûr que oui. Je suis destiné à faire le journalisme. C’est la partition que je jouerai si le monde est un orchestre.

 Quels conseils donneriez-vous aux jeunes journalistes qui aimeraient se lancer dans le journalisme en ligne ?

Le don de soi, la lecture et surtout la patience.

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